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Vous pensez que les intestins ont un rôle purement digestif ? Faux ! Cet organe joue en fait un rôle déterminant dans le système immunitaire, puisqu’il abrite 50% de notre potentiel de défense. De plus, la microflore intestinale joue un rôle fondamental sur le fonctionnement des systèmes digestif et immunitaire.
100 000 milliards de bactéries de 400 d’espèces différentes squattent notre système digestif, la plupart situées dans le côlon. A la naissance, le tractus gastrique est stérile mais rapidement une microflore intestinale se développe et varie en fonction de facteurs tels que les conditions de la naissance, l’alimentation du bébé, l’utilisation éventuelle d’antibiotiques ou l'âge...
Flore intestinale & digestion
La fonction première du gros intestin est l’absorption de l’eau et des différents nutriments. La microflore joue un rôle spécifique dans la digestion, celui de fermenter les substances fournies par l’alimentation, comme les fibres alimentaires, qui ne peuvent être digérées par l'intestin grêle. Cette fermentation produit entre autre de l’acide lactique et des acides gras à chaîne courte. Ces derniers fournissant de l’énergie à la paroi du côlon, améliorent l'absorption de minéraux et influencent favorablement le métabolisme des lipides et des glucides dans le foie.
Flore intestinale & immunité
L’intestin agit de trois manières dans le système de défense. En premier lieu, il fait appel à la microflore résidente, qui protège des invasions bactériennes en générant un environnement hostile aux agents pathogènes. Deuxièmement, les cellules de la paroi intestinale ne se contentent pas d’absorber les nutriments, mais elles façonnent également une barrière de protection qui empêche la pénétration des substances nocives. Enfin, le système immunitaire des intestins est fait de cellules immunitaires spécialisées. Ces cellules peuvent réagir selon leurs propres défenses innées tout en déclenchant la production d’anticorps, protéines se liant spécifiquement à d’autres protéines appelées antigènes (l’agent pathogène invasif) pour le désactiver et l’expulser de l’organisme. Les bactéries hôtes de nos intestins communiquent avec les cellules du système immunitaire gastro-intestinal ainsi qu’avec le foie pour coordonner une réponse immunitaire aux antigènes alimentaires et aux micro-organismes pathogènes.
La microflore intestinale est essentielle au fonctionnement optimal des mécanismes de protection. Généralement, il est admis qu’un déséquilibre entre les bactéries amies et les bactéries pathogènes sont à l’origine d’un certain nombre de problématiques, comme le cancer du côlon, le syndrome du côlon irritable, l’inflammation de l’intestin, ou la gastro-entérite. Les changements de régime ou l’utilisation d’antibiotiques peuvent avoir un effet négatif sur l’équilibre de la microflore intestinale. Les bactéries bénéfiques telles que les lactobacilles et les bifidus perdant du terrain au profit de micro-organismes pathogènes, comme par exemple clostridium et entérocoques.
Les multinationales de l’agro-alimentaire ont élaborées plusieurs produits alimentaires visant à modifier la microflore intestinale. Ces produits contiennent : prébiotiques, probiotiques et symbiotiques (combinaison de prébiotiques et probiotiques). J’attend des études cliniques impartiales pour me prononcer sur ces produis.
Prébiotiques et probiotiques et symbiotiques
Les probiotiques, sont des micro-organismes vivants que l’on retrouve principalement dans les produits laitiers fermentés comme yogourts, les laits fermentés, les végétaux (légumes et céréales) mais aussi le germe de blé et la levure de bière.
Les prébiotiques sont eux des composants alimentaires non digestibles qui appartiennent à la famille des fibres et qui stimulent la croissance ou l’activité d’un certain nombre de micro-organismes de la flore intestinale. On les retrouve dans certains aliments comme les oignons, les artichauts, les bananes, la chicorée et poireaux…
Lors d’une étude menée à double insu avec placebo auprès de patients de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, un probiotique de type Lactobacillus acidophilus aurait non seulement permis de réduire les diarrhées associées à la prise d’antibiotiques mais il aurait également démontré une « forte tendance » à neutraliser la bactérie Clostridium difficile. La fameuse C. difficile.
Références
1. 1. Fooks LJ, Gibson GR (2002) Probiotics as modulators of the gut flora. British Journal of Nutrition 88: S39-S49.
2. 2. Probiotics and Prebiotics (2001) American Journal of Clinical Nutrition 73(Suppl): 361S-498S.
3. 3. Steer T, Carpenter H, Tuohy K, Gibson GR, Steer TE (2000) Perspectives on the role of the human gut microbiota and its modulation by pro- and prebiotics. Nutrition Research Reviews (2000) 13: 229-254.
4. 4. Teitelbaum JE and Walker WA (2002) Nutritional impact of pre- and probiotics as protective gastrointestinal organisms. Annual Review of Nutrition. 22, 107-38.
Sites internet :
http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2004082001
http://www.cfpc.ca/cfp/2005/Nov/vol51-nov-editorials-1_fr.asp